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Le secret des relations positives entre les élèves et leurs enseignants

27/02/2019 13:30:00

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Au cours de leurs études primaires et secondaires, les jeunes passent le quart de leur temps éveillé en présence des enseignants. Ceux-ci jouent donc un rôle significatif dans leur vie puisqu’en plus d’être responsables de leurs apprentissages scolaires, ils ont la possibilité d’influencer de manière importante leur bienêtre. 

De nombreuses recherches soutiennent que l’établissement de relations positives entre les élèves et l’enseignant constitue la base même de toute approche d’intervention préventive en classe. Une perception positive de la relation élève-enseignant par les élèves est liée à l’adoption de comportements d’engagement à l’école (Danielsen, Wiium, Wilhelmsen et Wold, 2010)qui se traduisent par une meilleure réussite scolaire (Hugues, Cavell et Jackson, 1999; Walker, 2010) et une fréquence moins élevée de comportements oppositionnels et antisociaux que chez leurs pairs qui considèrent plus négativement cette relation (Bru, Stephens et Torsheim, 2002; Hamre, Pianta, Downer et Mashburn, 2008)

Qu’est-ce qu’un bon enseignant?

Les études de Hamill (2005) et de Corbett et Wilson (2002) réalisées à partir des témoignages de plus de 400 adolescents ont permis d’identifier les caractéristiques suivantes:

  • ils sont à l’écoute;
  • ils traitent les élèves de manière équitable;
  • ils sont stricts, mais présentent un bon sens de l’humour;
  • ils s’assurent que les élèves font bien leur travail;
  • ils gèrent adéquatement leur classe, notamment les comportements des élèves;
  • ils sont ouverts à aider les élèves;
  • ils transmettent des consignes claires;
  • ils varient les activités qui se déroulent en classe;
  • ils prennent le temps de bien connaître leurs élèves.

En somme, pour les jeunes, les «bons enseignants» sont d’abord ceux qui s’investissent sur le plan relationnel avec leurs élèves. Ce faisant, ils favorisent le bienêtre de ces derniers.

Comment créer des liens significatifs avec les élèves?

Tout d’abord, il faut prendre le temps. Prendre le temps d’entrer en relation avec les élèves, d’apprendre à les connaître, de s’intéresser à leur point de vue et à leur perception de la réalité. Le début des cours est un moment privilégié pour faire preuve d’écoute et de disponibilité en accueillant son groupe à la porte afin de démontrer son intérêt envers la personne qui se cache derrière chaque élève.

La participation de l’enseignant à la vie scolaire et parascolaire des élèves permet aussi de favoriser la création de liens positifs et significatifs avec ceux-ci. Voici une liste de questions que tout enseignant gagne à se poser à l’occasion afin de faire le point sur ses pratiques relationnelles avec les élèves.

• Est-ce que je connais le nom de chacun de mes élèves?

• Est-ce que je crée des moments privilégiés pour entrer en relation avec chacun d’eux?

• Qu’est-ce que les élèves connaissent de moi, de la personne que je suis? 

• Quels sont nos rituels (d’accueil, de départ, etc.)? 

• Est-ce que je crois au potentiel de réussite de mes élèves? Est-ce que je leur montre que je crois en leurs capacités?

• Est-ce que je prends le temps de souligner suffisamment les efforts et les réussites de mes élèves?

• Est-ce que je passe plus de temps à encourager mes élèves ou à les critiquer?

• Quand un de mes élèves adopte un comportement inapproprié, est-ce que je prends le temps d’intervenir de manière à préserver ma relation avec lui (p. ex., en dissociant le comportement de la personne)?

Puisque la communication est à la base de toute relation interpersonnelle, les enseignants ont tout avantage à s’adresser aux élèves avec respect, et ce, peu importent les circonstances. Ainsi, les enseignants efficaces savent bien utiliser tant leur communication verbale que non verbale. Par exemple, ils évitent de montrer les élèves du doigt, de leur tourner le dos lorsqu’ils parlent, de faire claquer la porte, d’utiliser un ton sarcastique ou encore de lever les yeux au ciel en signe de découragement (Thompson, 2012). Aussi, ils adoptent un ton et un débit de voix dynamiques et demeurent attentifs aux signes d’écoute et de compréhension des élèves. Dans les situations de gestion de classe plus difficiles, ils savent garder leur calme, acceptent d’admettre leurs erreurs et traitent les élèves de manière juste et équitable. 

Enfin, toute relation s’entretient par la présence de rétroactions positives fréquentes. Être à l’écoute, s’impliquer activement dans les activités qui se déroulent en classe et féliciter les élèves pour leurs efforts et leur participation sont des exemples d’actions que posent les enseignants qui s’investissent dans leurs relations avec les élèves. Les défis liés à la gestion de classe sont multiples. Néanmoins, le développement de relations positives entre les élèves et l’enseignant demeure le meilleur levier pour amener les élèves à coopérer et à s’engager dans leurs apprentissages. Ce faisant, on prévient l’émergence de comportements difficiles en classe.

Pour en savoir davantage sur les stratégies permettant de favoriser le développement de relations positives avec les élèves, il peut être intéressant de consulter des ouvrages portant sur le sujet, notamment Gérer efficacement sa classe: les cinq ingrédients essentiels (Gaudreau, 2017). Un chapitre est entièrement consacré à la question.

Références

Bru, E., Stephens, P. et Torsheim, T. (2002). Students’ perceptions of class management and reports of their own misbehavior. Journal of School Psychology, 40(4), 287-307. 

Corbett, D. et Wilson, B. (2002). What urban students say about good teaching. Educational Leadership, 60(1), 18-22. 

Danielsen, A. G., Wiium, N., Wilhelmsen, B. U. et Wold, B. (2010). Perceived support provided by teachers and classmates and students' self-reported academic initiative. Journal of School Psychology, 48(3), 247-267. doi:10.1016/j.jsp.2010.02.002

Gaudreau, N. (2017). Gérer efficacement sa classe: les cinq ingrédients essentielsQuébec, Québec:Presses de l’Université du Québec.

Hamill, P. (2005). The pupil support base in the Scottish secondary school: An alternative to exclusion. Dans P. Clough, P. Garner, J.T. Pardeck & F.O. Yuen (dir.). Handbook of emotional and behavioural difficulties (p. 353-369)London, England: SAGE Publications Ltd.

Hamre, B. K., Pianta, R. C., Downer, J. T. et Mashburn, A. J. (2008). Teachers' perceptions of conflict with young students: Looking beyond problem behaviors. Social Development, 17(1), 115-136. doi:10.1111/j.1467-9507.2007.00418.x

Hugues, J. A., Cavell, T. A. et Jackson, T. (1999). Influence of the teacher-student relationship on childhood conduct problems: A prospective study. Journal of Clinical Child Psychology, 28(2), 173-184. 

Thompson, J. G. (2012). La gestion de classe au secondaire: guide pratique(Adaptation de C. Hamel). Montréal, Québec: Chenelière Éducation.

Walker, B. A. (2010). Effective schoolwide screening to identify students at risk for social and behavioral problems. Intervention in School and Clinic, 46(2), 104-110. 

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