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Raconter : une habileté importante à développer chez l'enfant

01/10/2020 13:00:00

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L’habileté à raconter est importante à acquérir chez l’enfant. En effet, il faut savoir organiser son discours d’une certaine façon pour faire comprendre une histoire que l’on a vécue ou que l’on veut partager. Alors, qu’est-ce que cet apprentissage nécessite et comment se déroule-t-il? Et que peut faire l’adulte pour soutenir l’enfant?

Raconter: cela s’apprend progressivement

Apprendre à raconter peut être plus difficile qu’il n’y parait puisque cela exige de:

  • reconstituer adéquatement le fil des évènements;
  • connaitre la façon d’organiser les faits pour être compris, donc la structure du récit;
  • faire des liens qui ne sont pas explicites entre des faits et des évènements, donc réaliser des inférences;
  • montrer à l’interlocuteur que certains éléments sont plus importants que d’autres en mettant l’accent dessus (Pesco et Gagné, 2017).

Dès 2 ans, l’enfant peut commencer à rapporter des faits qui lui sont arrivés, mais sans que l’ensemble de son discours soit nécessairement cohérent. À partir de 4 ans ou 4 ½ ans, l’enfant arrive mieux à créer des liens logiques ou chronologiques entre des évènements de l’histoire qu’il raconte. Il produit un récit suivi. C’est à 6 ans environ que l’enfant parvient véritablement à raconter une histoire en suivant un thème, un personnage et une intrigue du début à la fin. Il inclut à son message toutes les parties du récit (Kasotaki, 2018).

Comment soutenir l’enfant dans son apprentissage?

Une bonne façon d’aider l’enfant à développer son habileté à raconter est de lui lire des histoires en lui offrant un étayage verbal (Pesco et Gagné, 2017). Cela signifie de penser tout haut en parlant des éléments importants du récit lu, par exemple:

  • mettre en évidence les parties importantes de l’histoire;
  • faire le lien avec le vécu de l’enfant;
  • parler des buts et des émotions du ou des personnages.

Cela donne des exemples à l’enfant de la façon dont il pourrait raconter à son tour. Mimer des parties de l’histoire ou rejouer l’histoire avec des accessoires ou des marionnettes peut aussi aider l’enfant.

Une autre façon de soutenir l’enfant dans le développement de ses habiletés à raconter est de lui fournir un aide-mémoire des principaux éléments que doit contenir son récit. Dès l’âge de 4 ans, l’enfant est en mesure de mieux comprendre ces éléments. L’adulte peut lui présenter un schéma narratif plus simple que celui qui est typiquement enseigné, plus tard, à l’école. Le tableau ci-dessous compare ces schémas:

Tableau 1: Parallèle entre le schéma narratif à oral à l’âge préscolaire et le schéma narratif à l’écrit à l’âge scolaire

Schéma narratif à l'oral, à l'âge préscolaire Schéma narratif à l'écrit, à l'âge scolaire
Quand? Situation initiale
Où?
Qui?
Problème Élément déclencheur
Tentatives de solution/solution Déroulement
Dénouement
État final du personnage Situation finale
L’habileté à raconter chez le tout-petit s’améliore au fur et à mesure qu’il développe son langage, et encore plus facilement si l’adulte lui montre comment y arriver, avec des mots et aussi avec des éléments visuels.
L’habileté à raconter chez le tout-petit s’améliore au fur et à mesure qu’il développe son langage, et encore plus facilement si l’adulte lui montre comment y arriver, avec des mots et aussi avec des éléments visuels.
Planche de jeu (aide-mémoire) du jeu Placote Histoire de raconter (PLA46)

Raconter à l’écrit

Si l’habileté à raconter émerge pendant la période préscolaire, elle continue de se consolider tout au long de l’âge scolaire, notamment par l’écriture d’histoires. Au primaire, l’écriture de «textes narratifs» fait d’ailleurs partie intégrante du programme d’enseignement. Utiliser le schéma narratif typique pour planifier l’écriture de récits permet d’attirer l’attention de l’enfant sur les éléments principaux de l’histoire et sur sa structure.

Des experts soulignent toutefois l’importance de ne pas utiliser les schémas narratifs de façon trop rigide, car cela peut brimer la créativité et la singularité des histoires imaginées par l’enfant. En ce sens, le schéma peut être progressivement délaissé pour mettre davantage l’accent sur l’importance de suivre le fil conducteur de l’histoire, en suivant par exemple la quête du personnage principal (Sirois, Boisclair, Vanlint, Savage et Hébert, 2012).

Références

Kasotaki, A. (2018). Développement du discours narratif. Nicosie: Upbility Publications.

Pesco, D. et Gagné, A. (2017). Scaffolding Narrative Skills: A Meta-Analysis of Instruction in Early Childhood Settings, Early Education and Development, 28(7), 773-793. DOI: 10.1080/10409289.2015.1060800 

Sirois, P., Boisclair, A., Vanlint, A., Savage, I. et Hébert, É. (2012). Écriture et créativité: une voie d’intervention dès le début du primaire. Bulletin du CRIRES, (25), 1-8. Repéré à: https://crires.ulaval.ca/sites/default/files/no_25_2012.pdf

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