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Pour que nature et apprentissage se rencontrent

Pour que nature et apprentissage se rencontrent

Pour certains services éducatifs à l’enfance, la fréquentation d’un milieu naturel de proximité, tel qu’un champ, un boisé, un ruisseau, s’insère comme une expérience nouvelle offerte aux enfants. Qu’il s’agisse d’une excursion ponctuelle ou d’une fréquentation régulière, le milieu naturel permet à l’enfant d’être en contact avec une diversité d’expériences qui éveillent ses sens: observer une chenille, sentir une fleur, gouter un petit fruit, toucher l’écorce d’un arbre, etc. Ce billet propose aux éducatrices des pistes pour profiter de la richesse du contexte naturel en adoptant une posture favorable au soutien à l’apprentissage des enfants.

Bien que le contact avec la nature offre de multiples occasions favorables aux apprentissages, la présence attentive de l’éducatrice dans cet environnement est nécessaire afin d’accompagner les enfants dans leurs découvertes (Maynard et Waters, 2007). L’éducatrice contribue non seulement à faire de la nature un lieu de plaisir, d’aventure et d’émerveillement (Änggård, 2010), mais elle peut également saisir les opportunités d’apprentissage qui se présentent. Notamment, elle peut susciter la réflexion des enfants par des questionnements, fournir de l’information sur ce qui attire leur regard ou encourager les conversations à partir de la découverte des phénomènes naturels. Pour adopter une posture favorisant le soutien à l’apprentissage des enfants, voici des pistes à explorer lors d’une prochaine excursion en nature.

1) Vivre le moment présent

En contexte naturel, la course du quotidien prend une pause et laisse place au moment présent. Les éducatrices, libérées de certaines tâches, disent être enfin en mesure de s’assoir avec les enfants et en profiter pour échanger avec eux (Elliot et Chancellor, 2014). Le bruit du vent dans les feuilles ou le chant des oiseaux deviennent alors perceptibles et peuvent servir de point de départ à des conversations se développant éventuellement avec l’un des enfants. L’éducatrice peut ainsi partager avec lui un moment privilégié tout en s’inspirant de ses commentaires et ses questionnements pour prolonger la conversation.

2) Adopter une posture de coexploratrice

L’environnement imprévisible qu’offre la nature suscite la curiosité, l’exploration et le questionnement. Ensemble, l’éducatrice et les enfants portent leur attention sur les traces d’animaux dans la neige, se questionnent sur leur provenance ou leur destination et tentent de deviner qui en est l’auteur. En étant tous investis dans la découverte de l’environnement, l’éducatrice et des enfants deviennent ainsi des coexplorateurs portés par les questionnements émergents (Waters et Bateman, 2015). L’éducatrice peut imiter les gestes des enfants ou en suggérer des variations tout en observant leurs réactions. L’analyse et la réflexion coconstruites soutiennent les enfants dans leur exploration.

3) Laisser place aux initiatives des enfants… et observer

Lorsqu’elle se retrouve dans le milieu naturel, l’éducatrice laisse place aux initiatives des enfants plutôt qu’à une proposition d’activités structurées. En les laissant choisir et diriger leurs jeux, l’éducatrice peut mieux observer à l’écart leurs intérêts et développer une meilleure compréhension de leurs actions (Canning, 2013). Elle pose son regard sur ce que chacun fait et les défis qu’il tente de relever. Par exemple, lorsque Mathis essaie de grimper difficilement sur la souche d’un arbre, son éducatrice prend conscience des habiletés motrices qu’il doit développer pour parvenir plus aisément à sa conquête. L’observation attentive permet ensuite d’offrir un soutien adapté aux besoins réels de cet enfant.

La nature regorge de découvertes et constitue un univers fantastique à explorer. Il ne reste qu’à être à l’écoute des enfants en retrouvant avec eux des yeux émerveillés pour ce contexte riche en opportunités d’apprentissage.

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